témoignages des militants

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témoignages des militants

Message  Cathy le Ven 14 Oct - 8:33

Le samedi 8 octobre, un peu avant 16 h, je courais vers le centre de l’arène de Rodhilan pour m’enchaîner pacifiquement avec les autres militants, au centre de l’édifice. Les insultes et hurlements fusaient déjà alors que mon pied touchait le sol et j’apercevais, agenouillée dans le sable, les porteurs de banderoles se faire violemment bousculer, là-haut, dans les gradins. Attachée depuis une minute, j’ai pris le fumigène de mon voisin, l’ai brandi en l’air. Déjà, un quinquagénaire se précipite sur moi en courant et, sans le moindre avertissement, me donne un violent coup dans le poignet pour l’envoyer rouler au loin. Aucun répit : un autre tire un coup sec sur ma jupe, heureusement serrée à la taille, saisit un bout de mon collant qui dépasse pour me l’arracher et me mettre à nue. L’homme ne voulait pas me neutraliser mais bien me déshabiller. Je reçois un violent jet d’eau dans la figure une fois, deux fois, trois fois. A genoux, non plus pour m’assurer stabilité mais parce qu’il m’est incapable à présent de me protéger autrement alors que des hommes me frappent dans la nuque et le dos, pour me renverser en avant, puis en arrière, je vois mon voisin de gauche avoir le tee shirt arraché et se retrouver propulsé en avant, les bras comme seuls appuis. On tire par le col la femme à côté de moi. Je bascule. Je serre plus solidement mon voisin de droite, qui tente de me protéger comme il peut. Un autre militant à ma gauche reçoit trois coups de poings en rafale, sans sommation. Il ne répond pas aux coups mais crie. Je vois le sang, je l’entends hurler. J’entends que la Police a été prévenue. J’en vois un autre recevoir le jet d’eau puissant à quelques centimètres seulement de son visage, humiliant étouffement qui cherche à le faire suffoquer. Il tient bon, rentre le cou, baisse les yeux. On me pousse, on me tire toujours dans le dos. On m’encercle, on m’insulte mais je ne me retourne plus. Je me fiche plus solidement dans le sable, en serrant toujours plus fort mon voisin. Les spectateurs nous lancent des projectiles, nous insultent et exhortent nos agresseurs à rendre justice eux-mêmes. On me frappe, encore. On tire sur ma jupe. Soudain, le cercle est brisé. N’ayant plus aucune attache – et donc plus aucune sécurité – je suis trainée une première fois par les pieds par mes assaillants. Un quinquagénaire de la corrida à chaque jambe. Je ne me rappelle plus si je me suis trouvée sur le dos ou le ventre, seulement le contact rêche du sable et les insultes qu’on me hurlait. On me lance violemment sur le sable, les jambes écartées, non loin de l’entrée principale, reconnaissable à ses grandes portes blanches. Je suis encerclée par des hommes qui m’insultent. « Salope ». « Dégage ». J’ai peur qu’on m’entraîne sur le côté et qu’on arrive enfin à m’enlever mes vêtements. J’arrive à me remettre debout et ne songe alors qu’à me protéger. Je cours vers l’arc de cercle de militants qui résistent encore. Naïve, je ne me retourne pas. Je suis poussée dans le dos par un homme grisonnant, au jogging noir. Sur une quinzaine de mètres je sens la pression dans mon dos et je cours en avant, sans pouvoir contrôler mes gestes. Tout va très vite, je tombe en avant, la bouche ouverte sans qu'aucun son ne sorte et me cogne contre Mathieu. Impossible de m’attacher, on m’a enlevé la chaîne. Il passe alors son bras autour de ma taille et je passe le mien autour de son cou, tremblante. Une femme en fourrure, les cheveux auburn, vient m’insulter. Je la regarde mais ne réponds pas. « Sale droguée, sale pute, regardez elle est incapable de parler, c’est une droguée ». Elle prend à témoin une autre femme venue m'insulter et d'autres hommes. Je sens Mathieu qui me sert contre lui alors qu’il est lui-aussi bousculé. On me pose la main sur les épaules, on revient m’insulter. Deux femmes se jettent sur moi, accompagnées d’un matador. « Et tu ne fais rien pour les musulmans qui égorgent les moutons hein connasse ? ». « C’est notre culture et ça, tu n’y toucheras pas ! ». Je vois la Police qui circule dans les arènes mais ne fait rien. Je sens une main agripper ma cheville et me tirer violemment en arrière. Je suis sur le ventre alors qu’une autre main me tient l’autre cheville. J’ai mal. Mon collant se déchire et le sable brûle les lésions sur mes genoux. Je reçois un coup au ventre alors que je tente de ralentir ma course, les doigts enfoncés dans le sable. Un toreador regarde la scène d’un air amusé alors que je n’aperçois plus rien d’autre autour de moi que les jambes des participants à la corrida, m’entourant. A 10 mètres de l’entrée, je me débats. On m’insulte et on me serre plus solidement la cheville. Je tends le bras inutilement vers la cheville de Mathieu, qui, lui, est tenu par les poignets, le torse relevé. Je n’arrive pas à l’atteindre et je vois pendant une seconde ce bout de chaussures comme une planche de salut portée au loin pendant une tempête. On me projette sur le dos, près de la barrière rouge. Je lève les yeux : un gendarme est à côté de moi. Il n’a rien fait. Ou plutôt si, il a laissé les aficionados rendre justice eux-mêmes. A terre, je lui ai lancé un regard. Il n’a rien fait, il n’a rien dit. Un militant est venu me rejoindre et m’a murmuré que j’étais en sécurité, qu’il allait m’aider à sortir de l’arène. Je sens ma poitrine se soulever et s'abaisser très vite alors que j'ai les jambes écartées sur le sol et que je n'arrive pas à me relever. Alors même que tous les activistes n’étaient pas encore sortis, ils ont fermé les portes. Je titube dehors, mes jambes tremblent et déjà je sens une vive douleur au pied droit. Je sens les larmes qui montent, alors qu'éclate, à l’abri malgré les doigts d’honneur des spectateurs en haut des gradins, la manière dont j’ai été humiliée. Déshabillée, poussée en avant, trainée à deux reprises sur le sol et insultée par des pères et mères de famille. Les portes blanches de l’arène s’ouvrent violemment, je m’écarte de justesse pour ne pas être cognée contre le mur en pierre de l’arène. A ce jour, j’ai un hématome de plus de 8 cm sur le bras gauche. Des érosions aux deux genoux, à la main gauche et aux doigts. Un os déplacé dans le pied droit. Des douleurs aux cervicales, aux bras, au buste, aux côtes et au ventre, sans compter le dos sur lequel j’ai été trainée à deux reprises. Je suis allée porter plainte contre les hommes, clairement identifiés sur les photographies. J’ai successivement été frappée, agressée sexuellement (car il me semble en effet que de me déshabiller, fourrer la main entre mes jambes et proférer diverses insultes m’assimilant à une « pute » relèvent bien d’un tel processus dégradant) et lestée de ma carte d’identité, alors que l’on me faisait les poches. Je ne puis me déplacer sans béquilles et mon médecin m’a imposée une ITP de 10 jours. Le policier auprès duquel je suis allée porter plainte m’a accueillie avec un « Vous n’aviez qu’à ne pas perturber la manifestation sportive autorisée, c’est eux qui devraient porter plainte contre vous ». Fallait-il que je me fasse violer, pénétrer jusque dans ma chair pour qu’enfin on juge abjecte la manière dont j’ai été violentée samedi ? Aurais-je dû remercier ces hommes de me tabasser sans ménagement, gratuitement, alors qu’ils rendaient justice eux-mêmes pendant que les cinq gendarmes dépêchés sur place baillaient aux corneilles ? En tant que citoyenne, en tant que femme, je me suis mise en danger car il est de notre devoir à tous de résister à l’oppression. Faire barrière de son propre corps pour empêcher la torture et la mort d’autres êtres vivants est notre droit le plus élémentaire. Ma désobéissance citoyenne s’est faite dans la résignation. Je n’ai pas résisté, je me suis recroquevillée sur moi-même pour assurer ma propre protection, alors que les coups pleuvaient. Ceux qui trouvent jouissance dans la mise à mort lente et douloureuse d’un animal innocent, d’un autre être vivant, ne pouvaient en effet que nous tabasser sans discernement, cherchant à faire du mal aux femmes, aussi bien qu’aux hommes. La femme en fourrure m’a lancée avec mépris que j’étais une « martyre ». Peu s’en faut pour qu’elle ait été la lionne. Le droit à la résistance est viscéralement ancré en chacun de nous. La violence immédiate et tempétueuse dont les amateurs de corrida ont fait preuve ce samedi ne montre qu’une chose : la corrida cristallise les pires pulsions de l’homme, violence, viol et désir de mort.

http://you.leparisien.fr/youx/2011/10/08/les-anti-corrida-tabasses-par-les-aficionados-10934.html?file=24162#images

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témoignage de Sabrina

Message  Cathy le Ven 14 Oct - 9:31

Avant de descendre dans l’arène, j’étais placée à coté d’une aficionados. Je lui faisais donc des petits sourires gentillets, et la nous avons commencés à discuter. Ses 2 enfants étaient présents (d’environ 12 et 15 ans), tout deux inscrits au club taurin ! Je lui expliquais que j’étais la en week end, que c’était la première fois que je venais voir une corrida et que j’étais enchantée ! Elle à commencé à me raconter que c’était un très beau spectacle, que du monde allait arriver, mais que la mise à mort était quelque chose de « spécial ».

Elle m’a ensuite présenté les toréros en m’expliquant qu’un des jeunes avait quitté son pays natal (le gagnant de graines de toréro) pour se consacrer entièrement à la corrida car c’était tout simplement sa vie. Elle m’a ensuite montré « Maxime » de loin en me disant que c’était également un bon toréro. Bref pendant 15 minutes on a du supporter ses paroles aussi hideuses les unes que les autres ! Une fois que les banderoles furent dépliées, j’ai fait comme si je ne comprenais pas, et la elle me regarde et me dit « ah oui … il faut que je vous explique … » et la j’ai pensé « ok tu m’expliqueras plus tard ! » et tout le monde à sauter. Elle à du être deg celle la.

Une fois en bas, comme tout le monde, on se prend les jets d’eau dans la figure, un mongolitos s’amusait à prendre des poignées de sable et à les vider une à une sur la tête des militants. Un des gars frappais mon voisin. Je l’ai donc défendu, ce qui n’a pas plu à l’aficionados qui m’a choppé et a essayé de jouer au foot avec mon dos.

Je voit des taurins montrer Thierry du doigt et parler de lui. Ils se sont ensuite acharnés sur lui.

Je vois que ça commence a dégénérer. Mon voisin de gauche à pris un coup de pied en pleine tête. Un homme (le gros en blanc) s’approchait de nous en hurlant à la mort « LIBERTÉ, LIBERTÉ, LIBERTÉ ». Il s’approchait de plus en plus de mon visage, sa tête étant à 5cm de la mienne, il avançait de plus en plus, j’ai cru que j’allais recevoir un coup de boule qui allait me mettre K.O. Il m’a regardé dans les yeux, tête à tête en hurlant « SALOPE » mais il a fini par reculer.

Nous sommes tirés comme des cinglés, prenant des coups un peu partout. Un des gars s’approche de moi crie « NAZI, NAZI, NAZI » (joli inversement de rôle !).

Nous étions ensuite près de la porte de sortie, par terre. Un mec qui était derrière moi ne se gênais absolument pas. Il passait la main au dessus de tout le monde pour venir la plaquer contre mes seins ! Je l’ai dégagé pacifiquement.

Un des militants qui était à coté de moi ne pouvais plus respirer, il m’a fait une peur bleu, il hurlait « JE PEUT PLUS RESPIRER, JE PEUT PLUS RESPIRER », personne ne se souciait de lui ! Les flics étaient juste à coté, ils ne le regardaient même pas !!!!!!! Je les appelaient donc en hurlant qu’il ne pouvait plus respirer, ils me regardaient, le regardais mais ne bougeaient absolument pas.

Il a bien agonisé pendant 1 minute sans pouvoir respirer, avant que l’on soit jeté dehors.

Finalement, j’ai un ITT de 3 jours, avec hématomes de plus de 10 cm sur la cuisse, sur les genoux, les bras, douleurs dans tout le corps, ventre, cotes, dos etc … je vais déposer ma plainte demain en espérant être mieux reçue que d’autres militants !

Voila, on connait la suite …
Un hommage à ces taurillons assassinés par ces bourreaux et une grosse pensée aux deux militants qui ont du subir la corrida, les cris et la douleur des bébés taureaux.



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l’hommage de Delphine Simon aux veaux massacrés

Message  Cathy le Ven 14 Oct - 9:37

“Quand on est arrivés près des arènes, par petits groupes de deux, on est passés près du camion où vous attendiez, sans le savoir, votre massacre prochain…
Alors je vous ai envoyé une pensée : “on va faire en sorte d’empêcher le massacre”…

Et puis on est rentrés, comme hors du temps, dans cette arène… malaise… Je regardais les gens autour de moi et je me demandais, comment peuvent-ils venir, là, comme s’ils venaient au théâtre ?
Ils riaient, se disaient bonjour, attendaient… Nous nous savions qu’ils allaient être surpris, alors ça nous donnait la force.

15h50, le coup de sifflet, on déploie les banderoles ; il leur a fallu moins de trois minutes pour intervenir, une dizaine de fous furieux qui nous ont sauté dessus, certains sont montés directement, d’autres tiraient d’en bas, donnaient des coups de balais, ils arrachaient, tiraient, hurlaient. Ce n’étaient pas des êtres humains que nous avions en face de nous, c’étaient des psychopathes…

Une fois les banderoles arrachées, ils se sont apaisés un peu, mais ils n’avaient pas encore vu ce qui se passait en bas… Nos amis de combat s’étaient enchaînés sur le sable de l’arène, plus de 50 personnes criaient ” Abolition ! Abolition ! ” en levant le poing…
J’ai essayé d’aller récupérer une banderole, mais un type m’a poussée dans l’escalier en me donnant un coup de pied et en me disant que ça suffisait ; son regard en disait long sur ce qu’il me ferait si j’essayais de remonter dans les gradins avec ma banderole…
Ça ne servait à rien, j’ai lâché ma banderole, je suis descendue, et j’ai sauté au milieu pour rejoindre mes amis, mes amis de combat…

Pas de chaîne, alors je me suis mise au milieu du cercle pour crier avec eux ” Abolition ! Abolition ! La torture n’est pas notre culture ! ”
De là où j’étais, je pouvais voir les visages déformés par la haine de ces gens qui tapaient sur les miens, qui arrachaient les vêtements, qui arrosaient avec le puissant jet d’eau, de pacifiques militants enchaînés, sans défense…

Comment comprendre ces êtres dans les gradins qui éructaient leur violence et réclamaient notre mise à mort en baissant le pouce vers la terre ?
Comment se sentir de la même espèce que ces gens-là ? Comment les considérer comme des humains ? Humains ???

Mais qu’importe, nous ne pensions qu’à vous qui attendiez, sans le savoir, votre dernière heure, dans ce camion derrière les arènes… Pour vous… Il fallait tenir… Si on tenait suffisamment longtemps, ils annuleraient…

Ils ont hurlé, frappé, ils ont tiré, ils ont déchiré, ils ont donné des coups de poings, des coups de pieds, ils ont réussi à nous trainer hors de l’arène, un par un, parce que pour eux, ce qui comptait, ce n’était pas ce que nous faisions, ou pourquoi nous le faisions, mais que le “spectacle” puisse commencer…

Après qu’ils aient fini leur sale boulot, le premier, les portes se sont fermées finalement. La fin d’un espoir, la fin de notre espoir de vous sauver hélas.

Après avoir repris mes esprits, ne sachant plus trop quoi faire, je me suis dirigée vers le camion, j’ai posé ma main sur la tôle, j’ai fermé les yeux, et je vous ai envoyé une pensée… pour vous demander pardon d’avoir échoué, mais nous étions là, nous l’espèce humaine, l’espèce “humaine” …
On sera là chaque fois. On ne lâchera pas tant qu’en France et dans le monde, on pourra torturer des animaux juste pour le plaisir.
Alors je ne sais pas si vous nous avez entendus, si vous avez senti notre présence, je sais juste que ce matin, quand je me suis levée, comme beaucoup d’entre nous présents hier, oui j’avais mal, au bras, au dos, à la tête, mais ce qui faisait le plus mal, c’est de devoir se réveiller dans un monde un peu moins beau… sans vous.

Alors j’ai cherché vos noms sur internet… sur les site taurins, je voulais vous dédier notre action, mais ils ne sont même pas cités, vos noms… Juste “6 toritos de Dos Hermanas” , “propriété” de Patrick Laugier ; c’est tout ce que nous saurons de vous, ça, et que vous êtes morts sous les coups des apprentis tortionnaires…

Avant que nous repartions, nous avons attendu les derniers, ceux d’entre nous qui étaient restés pour filmer la suite, ou prendre des photos. Une pensée pour notre ami qui nous a rejoint et qui n’a pu retenir ses larmes… parce qu’il a dû assister à la suite.

Merci à lui, merci à tous ceux qui étaient présents ce 8 octobre pour dénoncer la barbarie et à tous ceux qui n’étaient pas présents mais qui luttent chaque jour pour qu’on arrête le massacre.

A vous les six veaux sans nom, votre calvaire est terminé, quand la corrida sera abolie, on vous enverra une pensée, à vous qui êtes tombés sous les coups des apprentis tortionnaires…

Et pour l’heure, au nom de l’espèce Humaine, pardon. ”

Delphine Simon, secrétaire du CRAC Europe.

Posté le 10/10/2011

http://actuanimaux.com/rodilhan-lhommage-de-delphine-simon-aux-veaux-massacres/
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témoignage de Fleur

Message  Cathy le Dim 16 Oct - 21:17

Le samedi 8 octobre, un peu avant 16 h, je courais vers le centre de l’arène de Rodilhan pour m’enchaîner pacifiquement avec les autres militants, au centre de l’édifice. Les insultes et hurlements fusaient déjà alors que mon pied touchait le sol et j’apercevais, agenouillée dans le sable, les porteurs de banderoles se faire violemment bousculer, là-haut, dans les gradins. Attachée depuis une minute, j’ai pris le fumigène de mon voisin, l’ai brandi en l’air. Déjà, un quinquagénaire se précipite sur moi en courant et, sans le moindre avertissement, me donne un violent coup dans le poignet pour l’envoyer rouler au loin. Aucun répit : un autre tire un coup sec sur ma jupe, heureusement serrée à la taille, saisit un bout de mon collant qui dépasse pour me l’arracher et me mettre à nue. L’homme ne voulait pas me neutraliser mais bien me déshabiller. Je reçois un violent jet d’eau dans la figure une fois, deux fois, trois fois.

A genoux, non plus pour m’assurer stabilité mais parce qu’il m’est incapable à présent de me protéger autrement alors que des hommes me frappent dans la nuque et le dos, pour me renverser en avant, puis en arrière, je vois mon voisin de gauche avoir le tee shirt arraché et se retrouver propulsé en avant, les bras comme seuls appuis. On tire par le col la femme à côté de moi. Je bascule. Je serre plus solidement mon voisin de droite, qui tente de me protéger comme il peut. Un autre militant à ma gauche reçoit trois coups de poings en rafale, sans sommation. Il ne répond pas aux coups mais crie. Je vois le sang, je l’entends hurler. J’entends que la Police a été prévenue. J’en vois un autre recevoir le jet d’eau puissant à quelques centimètres seulement de son visage, humiliant étouffement qui cherche à le faire suffoquer. Il tient bon, rentre le cou, baisse les yeux. On me pousse, on me tire toujours dans le dos. On m’encercle, on m’insulte mais je ne me retourne plus. Je me fiche plus solidement dans le sable, en serrant toujours plus fort mon voisin.

Les spectateurs nous lancent des projectiles, nous insultent et exhortent nos agresseurs à rendre justice eux-mêmes. On me frappe, encore. On tire sur ma jupe. Soudain, le cercle est brisé. N’ayant plus aucune attache – et donc plus aucune sécurité – je suis trainée une première fois par les pieds par mes assaillants. Un quinquagénaire de la corrida à chaque jambe.



Je ne me rappelle plus si je me suis trouvée sur le dos ou le ventre, seulement le contact rêche du sable et les insultes qu’on me hurlait. On me lance violemment sur le sable, les jambes écartées, non loin de l’entrée principale, reconnaissable à ses grandes portes blanches. Je suis encerclée par des hommes qui m’insultent. « Salope ». « Dégage ». J’ai peur qu’on m’entraîne sur le côté et qu’on arrive enfin à m’enlever mes vêtements. J’arrive à me remettre debout et ne songe alors qu’à me protéger. Je cours vers l’arc de cercle de militants qui résistent encore. Naïve, je ne me retourne pas. Je suis poussée dans le dos par un homme grisonnant, au jogging noir. Sur une quinzaine de mètres je sens la pression dans mon dos et je cours en avant, sans pouvoir contrôler mes gestes. Tout va très vite, je tombe en avant, la bouche ouverte sans qu'aucun son ne sorte et me cogne contre Mathieu. Impossible de m’attacher, on m’a enlevé la chaîne. Il passe alors son bras autour de ma taille et je passe le mien autour de son cou, tremblante. Une femme en fourrure, les cheveux auburn, vient m’insulter. Je la regarde mais ne réponds pas. « Sale droguée, sale pute, regardez elle est incapable de parler, c’est une droguée ». Elle prend à témoin une autre femme venue m'insulter et d'autres hommes. Je sens Mathieu qui me sert contre lui alors qu’il est lui-aussi bousculé. On me pose la main sur les épaules, on revient m’insulter.



Deux femmes se jettent sur moi, accompagnées d’un matador. « Et tu ne fais rien pour les musulmans qui égorgent les moutons hein connasse ? ». « C’est notre culture et ça, tu n’y toucheras pas ! ». Je vois la Police qui circule dans les arènes mais ne fait rien. Je sens une main agripper ma cheville et me tirer violemment en arrière. Je suis sur le ventre alors qu’une autre main me tient l’autre cheville. J’ai mal. Mon collant se déchire et le sable brûle les lésions sur mes genoux. Je reçois un coup au ventre alors que je tente de ralentir ma course, les doigts enfoncés dans le sable. Un toréador regarde la scène d’un air amusé alors que je n’aperçois plus rien d’autre autour de moi que les jambes des participants à la corrida, m’entourant. A 10 mètres de l’entrée, je me débats. On m’insulte et on me serre plus solidement la cheville. Je tends le bras inutilement vers la cheville de Mathieu, qui, lui, est tenu par les poignets, le torse relevé. Je n’arrive pas à l’atteindre et je vois pendant une seconde ce bout de chaussures comme une planche de salut portée au loin pendant une tempête. On me projette sur le dos, près de la barrière rouge. Je lève les yeux : un gendarme est à côté de moi. Il n’a rien fait. Ou plutôt si, il a laissé les aficionados rendre justice eux-mêmes. A terre, je lui ai lancé un regard. Il n’a rien fait, il n’a rien dit. Un militant est venu me rejoindre et m’a murmuré que j’étais en sécurité, qu’il allait m’aider à sortir de l’arène. Je sens ma poitrine se soulever et s'abaisser très vite alors que j'ai les jambes écartées sur le sol et que je n'arrive pas à me relever.

Alors même que tous les activistes n’étaient pas encore sortis, ils ont fermé les portes. Je titube dehors, mes jambes tremblent et déjà je sens une vive douleur au pied droit. Je sens les larmes qui montent, alors qu'éclate, à l’abri malgré les doigts d’honneur des spectateurs en haut des gradins, la manière dont j’ai été humiliée. Déshabillée, poussée en avant, trainée à deux reprises sur le sol et insultée par des pères et mères de famille. Les portes blanches de l’arène s’ouvrent violemment, je m’écarte de justesse pour ne pas être cognée contre le mur en pierre de l’arène.

A ce jour, j’ai un hématome de plus de 8 cm sur le bras gauche. Des érosions aux deux genoux, à la main gauche et aux doigts. Un os déplacé dans le pied droit. Des douleurs aux cervicales, aux bras, au buste, aux côtes et au ventre, sans compter le dos sur lequel j’ai été trainée à deux reprises. Je suis allée porter plainte contre les hommes, clairement identifiés sur les photographies. J’ai successivement été frappée, agressée sexuellement (car il me semble en effet que de me déshabiller, fourrer la main entre mes jambes et proférer diverses insultes m’assimilant à une « pute » relèvent bien d’un tel processus dégradant) et lestée de ma carte d’identité, alors que l’on me faisait les poches. Je ne puis me déplacer sans béquilles et mon médecin m’a imposée une ITP de 10 jours.

Le policier auprès duquel je suis allée porter plainte m’a accueillie avec un « Vous n’aviez qu’à ne pas perturber la manifestation sportive autorisée, c’est eux qui devraient porter plainte contre vous ». Fallait-il que je me fasse violer, pénétrer jusque dans ma chair pour qu’enfin on juge abjecte la manière dont j’ai été violentée samedi ? Aurais-je dû remercier ces hommes de me tabasser sans ménagement, gratuitement, alors qu’ils rendaient justice eux-mêmes pendant que les cinq gendarmes dépêchés sur place baillaient aux corneilles ? En tant que citoyenne, en tant que femme, je me suis mise en danger car il est de notre devoir à tous de résister à l’oppression. Faire barrière de son propre corps pour empêcher la torture et la mort d’autres êtres vivants est notre droit le plus élémentaire. Ma désobéissance citoyenne s’est faite dans la résignation. Je n’ai pas résisté, je me suis recroquevillée sur moi-même pour assurer ma propre protection, alors que les coups pleuvaient. Ceux qui trouvent jouissance dans la mise à mort lente et douloureuse d’un animal innocent, d’un autre être vivant, ne pouvaient en effet que nous tabasser sans discernement, cherchant à faire du mal aux femmes, aussi bien qu’aux hommes. La femme en fourrure m’a lancée avec mépris que j’étais une « martyre ». Peu s’en faut pour qu’elle ait été la lionne.

Le droit à la résistance est viscéralement ancré en chacun de nous. La violence immédiate et tempétueuse dont les amateurs de corrida ont fait preuve ce samedi ne montre qu’une chose : la corrida cristallise les pires pulsions de l’homme, violence, viol et désir de mort.

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LA TORTURE N'EST PAS NOTRE CULTURE, témoignage de Vick

Message  Cathy le Lun 17 Oct - 12:31


Après avoir lu les témoignages, j'ai décidé aussi d'en faire un. Pour moi cette action a encore une fois de plus été une révélation, celle de l'envie de se battre pour eux, jusqu'à la fin, jusqu'à la mort.

La première peur a été surtout le saut que je devais faire, me disant avec la chance que tu as tu vas te péter la cheville, ni une ni deux, je reste en bas, comme ça je n'aurai que la clôture rouge à sauter.

16h : coup de sifflet, banderoles, on hue, on siffle et c 'est parti, une adrénaline monstre qui m'envahis, dans ma tête je me dis on va la faire capoter cette saloperie de corrida. Je m'enchaine à deux inconnus, c'est parti, vu le temps qu'ils ont mis à arriver , on a eu le temps de bien s'attacher, enfin c 'est ce que je pensais, mon voisin ne s'est pas attaché à moi, peu importe, quand on est soudés c est jusqu'à la fin. Et là c est parti, ça commence par des insultes , le jet d'eau dans la tronche, ça va très vite les hommes se font littéralement tabassés à coup de poings, de pieds dans la tête. Je hurle la torture n'est pas notre culture, je crache mes poumons, quand soudain un homme m'attrape par les cheveux et tire et me traine, mon coupe vent m’étrangle , je n'arrive plus à respirer, mon voisin me tiens, ma voisine aussi,merci à eux. Je reprends mes esprits car on ne lâche rien, leur violence ne m’étonne même pas.





Et on continue à crier, les coups fusent, une femme se met devant moi en levant le pied pour m’éclater la figure, je la regarde et lui réponds : vas y vas y.

Elle s en va, scande hurle comme tous les autres : liberté, liberté. Quelle hypocrisie, c'était à nous de crier liberté ! cette même femme se met vers moi et me réponds et le hallal ? vous faites quoi ? je lui rétorque que je suis vegan, à quoi bon, je la fixe méchamment, moi qui suis très impulsive, je me dis heureusement que tu es attachée, ne t'éloignes pas du but de l'action.



Mes amis sont tous frappés, tirés, au bout de 9min, un homme me prends violemment par les épaules et me tire par terre, mon voisin essaye de me retenir mais je suis juste attachée à ma voisine.



Ça va très vite, on est jetées au sol, des coups de pieds dans le dos, des conasses, salopes, je me retourne et aperçoit un torero en vert. Ils nous sortent et nous plaquent contre le mur. Deux hommes arrivent poings levés, ils nous menacent, un deux à les yeux qui se révulsent, son poing tremble, prêt à partir et je hurle, ma voisine me dit, court . Alors on improvise un sprint en panique attachée. NB se remettre au sport.

Je vois surtout que ma voisine est très affectée, elle me dit qu'elle n a jamais eu aussi peur de sa vie, nous courons encore,jusqu’à à retrouver certains. Tous blessés, en panique.et nous attendrons les autres ; blessés qui arrivent petit à petit. On notera la passivité des gendarmes et de la police municipale qui n'a pas bougé.

J'ai peux être oublié certains passages, je n'oublierai jamais ce 8 octobre et je recommencerai toujours et encore. Les séquelles physiques et psychologiques sont là et grandissent jour après jour. Comment s'étonner d'une telle violence. Mais pour une fois, nous avons des preuves, des preuves qui iront loin, nous ne lâcherons pas , non nous continuerons pour eux, et en particulier pour les 6 veaux martyrs assassinés lâchement.



Je tenais tous à vous remercier, je ne connaissais pas tous les militants mais nous avons tous été soudés, jusqu'à la fin.

Voici mon témoignage, le témoignage d une militante qui ira jusqu'au bout.

Dépôt de plainte avec photos et 4 jours d'itt

vick

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Cathy
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témoignage de Blandine

Message  Cathy le Lun 17 Oct - 13:20

Ma copine et moi-même étions chargées de faire diversion en déployant notre banderole dans les gradins, au premier rang, contre la barrière blanche...

Comme convenu lors du briefing, dès le coup de sifflet donné, nous nous sommes empressées de la déployer. La réaction hystérique et très violente des aficionados s'est faite immédiatement ressentir.

Après avoir essayé, à de multiples reprises, de nous arracher la banderole des mains sans succès, leur agressivité s'est décuplée ! Certains étaient en bas et nous assénaient des coups de balais-raclette dans les jambes, d'autres (public ? Organisateurs ?) ont déversé sur nous tous une pluie d'insultes, de coup de poing, de coup de pied, de claques, et nous ont littéralement écrasés contre la barrière en essayant de nous faire basculer dans le vide (2 mètres de hauteur) !

Après de longues minutes passées à résister, un molosse a décidé de "prendre les choses en main" et nous a empoignées par les épaules en nous projetant littéralement dans les escaliers. Des militants ont eu heureusement le réflexe de nous réceptionner en bas des marches afin de nous éviter une réception risquée contre le mur ou sur le sol.

Quelques bleus et égratignures sont à déplorer, mais nous nous en sommes malgré tout bien sorties physiquement face à ce déferlement de haine et de violence, contrairement aux 6 pauvres petits veaux que nous n'avons pas réussi à épargner...

Un tel déchainement de Haine, de Violence, de Mépris face à des activistes agissant en toute passivité montre une fois de plus à quel point les aficionados manquent cruellement d'Humanité.

Pensée particulière à Jean-Marc et Pauline, de l'association "Animaux en péril", qui, pour être sur de sauvegarder tout ce qu'ils avaient filmé durant l'action sans être découverts, ont du se résoudre à rester jusqu'au bout de cette horreur, en se faisant passer pour des journalistes...

En attendant le train en gare de Nîmes, nous nous sommes retrouvés à plusieurs dans un café, où Jean-Marc nous a rejoints seulement aux alentours de 19 h 15 et s'est exprimé entre deux sanglots, ravagé par la douleur et le traumatisme : "Ça n'en finissait pas, ça a été une véritable boucherie, les veaux hurlaient, vomissaient leur sang, des adultes ont du venir les achever, c'était ÉPOUVANTABLE !"

C'est bien plus qu'une action de résistance et d'opposition qui s'est déroulée ce samedi, c'est un véritable soulèvement Humain contre la Barbarie et l'Injustice qui n'a laissé aucun de nous indemne moralement... La douleur physique est bien peu de choses face à la douleur morale.
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témoignage de Vaness

Message  Cathy le Lun 17 Oct - 13:51


Samedi 08 Octobre, nous avions rendez-vous à quelques kilomêtres de Nîmes , dans une petite arène pour tenter de faire annuler leur "spectacle" de tuerimachie .

On rentre dans l'arène, on s'assoie et nous devons faire croire que nous apprécions l'ambiance.

Sur ma gauche, je vois passer un gamin, avec un cornet de bonbons, tout sourire, comme s'il allait au ciné.

Avec mon amie et d'autres activistes, nous étions chargés de déployer les banderoles dans les gradins pour détourner et occuper les aficionados le temps que nos ami(e)s descendent s'attacher dans l'arène.

15h30, coups de sifflet, on déplie les banderoles.

Les pros-corridas sont devenus fous à la vue de nos affiches, les insultes et les coups de poings et de balai raclette arrivaient comme des bourrasque de vents.

Un jeune supporter ( hooligan taurin ) , s'est précipité dans l'arène pour pouvoir se défouler sur nos ami(e)s, déjà assaillis de coups.

L'ambiance était chaude aussi dans les gradins, on avait pour but de rester un maximum de temps ( malgré les coups,et les insultes) pour éviter que les afiocs qui s'en prennaient à nous puissent descendre rejoindre leurs collègues, et ainsi , allez preter main forte à ceux se trouvant déjà en bas.

On avait un fou furieux ( maigre avec lunettes de soleil ) contre nous, qui a essayé à plusieurs reprises, de nous faire basculer par-dessus la barrière. ( 2m de hauteur, ça aurait fait mal ).

Un autre afiocs , venu de nul part , nous prenait un à un pour nous balancer, tant bien que mal dans les escaliers.

Une fois dehors , un afiocs est sortit comme un fou en demandant à des collègues à lui de ramener des chevaux.

Je lui ai demandé ce qu'il voulait en faire, et dans sa folie, il n'a même pas capté à qui il s'adressait et a commencé a se confier à moi en me disant :

" Ben, tu vois, il reste un groupe là-bas, on va les attacher aux chevaux ..."

Je le coupe en lui disant :

" Mais t'a des couilles toi ? tu dit en avoir pour tuer un Taureau, et tu n'en a même pas pour t'en prendre à des hommes ? "

Et là, sa réaction était trop bonne à voir, il était surprit, il avait l'air très con en captant qu'il ne savait pas à qui il parlait.

Je n'oublierai jamais l'expression de son visage quand il s'est rendu compte, que je n'étais pas du tout de son côté .

Il a juste trouvé à me répondre d'aller me faire " enc**** ", et est partit.

Une grosse pensée aux 6 veaux, torturés et tués pour le plaisir de l'homme, pour nos ami(e)s de front, et à Jean-marc et Pauline, obligés de rester jusqu'à la fin de cette tuerie.
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Je suis à moitié nue, mais je continue de me battre..., par Coraline

Message  Cathy le Mar 18 Oct - 16:55


Je me lève, je suis en pleine forme, prête à partir au combat, prête à défendre mes frères.

Le rendez vous est pris, le lieu fixé ainsi que l’heure : je sais où je vais.

Avant même d’y être, je suis comme d’autres de mes frères de combat, stressée par cette maudite barrière à sauter, deux mètres. C’est bien la seule chose qui me stresse jusque-là à vrai dire …

En chemin, on ne parle que de l’action, on se questionne, on se demande bien comment tout va se dérouler.

Nous entrons sans crainte dans les gradins, on cherche du regard nos amis, et on les retrouve. Une femme assise près de moi essaye de faire la discussion, je lui souris et lui réponds comme si j’étais enchantée d’être présente, comme si ce spectacle me plaisait.

Premier coup de sifflet, je hue avec mes voisins contre ces anti-corridas en face de moi, la pression monte, je sais que dans moins de cinq minutes, ce sera notre tour, à nous de nous faire huer, à nous de passer cette barrière, à nous l’inconnu aussi… Que va-t-il se passer ? Je crois qu’on ne s’est pas vraiment posé la question, il fallait sauter, pour ces six veaux, il fallait absolument faire annuler la représentation.

Nous voilà dans l’arène, nos ennemis ne comprennent pas ce qu’il se passe, ils nous voient nous enchainer, hurler des slogans contre cette saloperie poing levé.

Les voilà qui se rapprochent de nous, ils nous hurlent dessus, nous crachent dessus, nous tapent à coups de pieds, les coups volent de partout mais nous ne bougeons pas, nous encaissons les coups. Des doigts se baissent comme pour une mise à mort : la haine se lisait sur leurs visages.

Nous ne devions pas bouger, nous devions nous battrent pour EUX : Ces six veaux mais aussi pour les prochains sur la liste.

Des hommes se sont alors rapprochés de moi, nous ont tirés avec nos chaînes, soulevés du sol. Nous continuons nos hurlements aussi, nous voulions faire entendre notre voix, crier plus, plus fort qu’eux.

L’un d’eux s’est approché de moi, je savais à quoi m’attendre, recevoir des coups, comme mes amis, je me trompais. Ce vieux pervers avait un tout autre plan en tête, m’humilier et me toucher en public. Il m’a d’abord sauvagement arraché mon tee-shirt, me voilà en sous-vêtement face à ces fous furieux. Je me retourne et je le vois s’éloigner, je pense alors qu’il est fier de lui, et ne reviendra pas vers moi. Je me trompe à nouveau, il revient à la charge, il n’en a pas encore assez vu, il en veux plus ! L’homme revient alors vers moi, et tire avec insistance sur mon soutien gorge qui finit par céder. Ce gros porc en profite pour me toucher, je suis sous le choc, mais je résiste ! Je suis à moitié nue, mais je continue de me battre, je suis ici pour les animaux. Peu importe mon état, peu importe ma tenue, ma voix était toujours là, je hurlais toujours, de plus en plus fort. L’un d’eux, à peine une vingtaine d’année s’approche, me tire par les cheveux et me traite de grosse p***, me demande si je n’ai pas honte d’être comme ça, dans cette tenue, et bien NON je n’ai pas honte, je suis ici pour les animaux, le reste m’importe peu…

Une millitante m’a fait passer une étole pour essayer de me couvrir, mais ils n’ont pas mis longtemps avant de me l’arracher. Un ami, en face de moi voit la scène, je ne veux pas qu’il se lève, je ne veux pas de violence, je ne veux pas de son aide. Il a réussi à me faire passer sa veste, que cette fois ci, j’ai pu garder.

Mon amie de combat sur ma gauche me fait de la peine, en pleure, elle a mal. Mal au pied, entorse, ou cheville cassée, on ne sait pas encore, la seule chose c’est qu’il faut la sortir de là, on se fait piétiner, taper dessus, je ne veux pas la voir comme ça : il faut sortir rapidement.

On se lève alors, un homme posté juste derrière nous lui met un violent coup de pied dans les fesses, on essaye de sortir rapidement sous les insultes des aficionados. Nous voilà dehors, enfin, après une vingtaine de minutes avec ces fous.

Nos visages sont décomposés, les larmes coulent sur nos visages, on a mal un peu partout mais on ne se plaint pas vraiment, on a encore plus mal de voir sortir nos amis, si ils sortent tous, rapidement, les corridas auront lieu, on essaye de bloquer la porte, on fait notre possible. Rien n’y fait, les derniers courageux sortent, poings en l’air.

L’une de nous se dirige vers le camion où sont les petits veaux, elle pose sa main et leur communique toutes ses pensées, elle s’excuse aussi sûrement. A ce moment là, je sens les larmes monter, je ne veux plus être là, je veux rentrer chez moi, je veux hurler de douleur pour eux, je veux pleurer .

Je ne dirais pas plus que quelques mots sur les gendarmes, les organisateurs ou encore certains élus qui étaient présents mais qui n’ont rien fait, sauf nous prendre en photo avec un large sourire. Elle est belle la France, j’ai HONTE de mon pays.

Je tiens à remercier tous mes amis de combat, je vous félicite tous pour votre courage, votre engagement pour la cause animale ! Le combat continue !

Coraline

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Re: témoignages des militants

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